Comme à la maison...
Une représentation en terre connue
Ecrit par : notre Chargée de Communication bénévole
3/10/20265 min temps de lecture


Pendant toute cette aventure "Un petit meurtre sans conséquence" de Jean-Pierre Martinez, nous avons sillonné quelques villes autour de chez nous. Des scènes différentes, des publics différents, des ambiances uniques à chaque fois et on ne va pas mentir : nous avons adoré chaque minute.
En revanche, il y avait une date un peu spéciale que nous gardions dans un coin de notre tête : la représentation à Doussard dans notre salle de répétition. Pas “notre” au sens administratif du terme (on reste une compagnie bien élevée) mais “notre” au sens du cœur. Parce que depuis le début, c’est ici que tout s’est construit. C’est ici que les scènes ont été répétées, rejouées, démontées, reconstruites. C’est ici que les blagues ont été testées, que les silences ont été pesés, que les regards ont trouvé leur timing.
Bref, c’est ici que la pièce a appris à marcher et tous les premiers pas sont toujours très émouvants.
Alors forcément, jouer notre théâtre ici, de façon officielle… cela n’avait pas tout à fait le même goût.
Revenir là où tout a commencé...
L’après-midi du 21 février commence tranquillement pour nous. C'est assez contradictoire avec nos autres pré-représentations où nous avions l'habitude de courir un peu partout. A Doussard, pas de découverte des lieux, pas de repérage stressant, pas de “où sont les loges ?”, ni de “quel bouton allume cette lumière ?”.
Ici, on connaît tout : chaque porte, chaque couloir, chaque interrupteur, le siège le plus moelleux (on garde la réponse confidentielle) et le nombre exact de marches dans le hall. C’est un peu comme rentrer dans la cuisine familiale : on sait exactement dans quel tiroir se cache la cuillère qui va bien et ça change tout.
L’installation se fait dans une ambiance détendue. On monte les éléments de scène, on ajuste deux ou trois détails, on vérifie les placements. Les gestes sont devenus familiers, presque inconscients.
D’habitude, cette salle nous voit surtout nous tromper, recommencer, lever les yeux au ciel, chercher, soupirer, rigoler et dire “bon on reprend depuis le début…” pour la quatrième fois.
Le petit stress qu’on aime bien
Évidemment, comme à chaque fois, le trac est là. Il est toujours là...
Alors pour le faire disparaître un peu, on casse la croûte dans les loges, quelques blagues se glissent entre deux bouchées de sandwich, on se taquine et on se répète que tout ira bien parce qu'il le faut. On s’échauffe, on rejoue quelques passages, on se lance des regards complices.
Petit à petit, on entend les voix s'élever et résonner depuis le hall.
Les "Bonsoir ! Avez-vous une réservation ? Oui ? Super ! A quel nom ?" de notre superbe équipe de bénévoles se font de plus en plus nombreux, les manteaux sont dézippés, les derrières s'installent dans les fauteuils en essayant de trouver l'axe parfait, les discussions se multiplient et les rires de ceux qui se reconnaissent surgissent.
C'est une sensation étrange de voir les gens entrer dans la salle où nous répétons d’habitude. Nous avions presque envie de leur dire nous-même :
- “Bienvenue… installez-vous… et si vous pouvez enlever les chaussures à l’entrée, merci.”
(On ne l’a pas fait mais honnêtement, l’idée nous a traversé l’esprit).
Parce qu’ici, on se sent chez nous. Même si, techniquement, c’est la ville de Doussard qui nous permet d’y travailler... et pour cela, on ne le dira jamais assez : merci à la ville de Doussard. Sans cet espace, sans cette confiance, sans cette salle qui nous accueille semaine après semaine, cette pièce n’aurait jamais pris la forme qu’elle a aujourd’hui.
Jouer là où tout est né...
Quand la lumière s’éteint et que la pièce commence, quelque chose de particulier se produit.
Nous avons le sentiment de dire cela presque à chaque représentation mais celle-ci était spéciale. Le plan de la scène est dans nos mémoires, nos pas sont plus assurés, plus confiants, le déplacement dans l'espace est familier, chaque distance est instinctive, chaque silence trouve naturellement sa place. Il y a un vrai plaisir à partager ce moment là où tout a été construit. Un peu comme inviter des amis à dîner après avoir passé des semaines à tester la recette.
Nous avons eu la chance d'avoir eu de nouveau un public réactif à nos frayeurs, nos soupirs et nos blagues (certaines, pas si drôles que ça dans le fond). Les rires arrivent et nous motivent, les réactions fusent et les regards circulent.
Ca y est, la pièce vit de nouveau et pour l'avant dernière fois.
Au fil des scènes, on sent que la machine fonctionne. Nos gags tombent bien... ou presque. Les répliques trouvent leur rythme sans bafouillages et nos regards complices entre comédiens nous trahissent parfois laissant apercevoir ce que l'on se dit sans même se parler :
- “Ok… cette vanne-là est bien passée, ça a marché.”
L'après, ce moment qu’on aime presque autant
La pièce se termine.
Nous avons l'honneur d'avoir des applaudissements bien fournis, des sourires et des mots échangés avec les spectateurs. Certains nous racontent leurs passages préférés, d’autres posent des questions, d’autres encore repartent avec un simple :
- “On a passé une super soirée.”
Cela représente tout pour nous.
Une dernière avant le festival
Cette représentation à Doussard marque la dernière représentation en salle avant notre premier festival, dans quelques semaines. Il clôturera ce projet et cette pièce pour laisser place à une suite encore plus belle (pour le moment c'est encore top secret mais nous avons bel et bien un nouveau projet déjà en cours…). C'est une sorte de point d’étape, un moment pour regarder le chemin parcouru et se dire que finalement… on n’a pas été trop mal.
Nous pouvons prendre le temps d'être fiers de notre compagnie, construite de nos mains, avec nos cœurs et pour l'amour du théâtre amateur.
Merci Doussard !
Une nouvelle fois, encore et toujours : merci à la ville de Doussard, pour cette salle qui est devenue notre base, notre laboratoire, notre terrain de jeu. Sans eux, nous étions presque sur le carreau, le cœur piqué par le doute. Ils ont semé un joli trèfle de chance sur notre chemin et aujourd'hui Théâtre Bonne Pioche joue avec une main plus que gagnante.
On repart maintenant vers la suite de l’aventure… avec un festival qui approche.
Une chose est sûre : quand on rejouera ici, ce sera un peu comme rentrer à la maison.
Et promis…
On ne demandera toujours pas aux gens d’enlever leurs chaussures.
Enfin… sauf s’il pleut vraiment beaucoup.
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